- Structurer · 2. Décrire · 3. Tester · 4. Savoir ce que l'on fait dire aux données
- Représenter sans déformer (vous êtes ici)
- Évaluer le patrimoine
- Formuler le diagnostic
- Restituer
- Capstone
La sémiologie graphique : un langage à part entière
Le document d'accompagnement M4 est explicite : cartes et graphiques sont des moyens de communication, à traiter avec la rigueur d'un langage. C'est l'objet de la sémiologie graphique, formalisée par Jacques Bertin : à chaque type de donnée correspond une variable visuelle adaptée, et en utiliser une mauvaise trompe le lecteur.
Les variables visuelles de Bertin
Valeur (clair → foncé)
Pour une donnée ordonnée / quantitative : densité, effectif. Le foncé se lit spontanément comme « plus ».
Taille (petit → grand)
Pour une quantité absolue : cercles proportionnels aux effectifs par station. La surface doit être proportionnelle à la valeur, pas le rayon.
Couleur / teinte
Pour une donnée qualitative (nominale) : type d'habitat, catégorie. À réserver aux catégories, jamais pour coder une intensité.
Forme
Pour distinguer des natures d'objets : triangle = biophysique, carré = station, rond = observation. Efficace pour des couches thématiques superposées.
▲ ■ ● ★Choisir le bon graphique
| Message à faire passer | Graphique adapté |
|---|---|
| Répartition d'une variable continue (tailles) | Histogramme, boxplot |
| Comparaison d'effectifs entre catégories | Diagramme en barres (axe à zéro) |
| Lien entre deux variables quantitatives | Nuage de points (+ droite si pertinent) |
| Évolution dans le temps | Courbe |
| Composition d'un tout (parts) | Barres empilées (le camembert, souvent moins lisible, est à limiter) |
Cartographier la répartition des Cistudes à Beauchêne
Objectif : une carte thématique du TCD de la leçon 1 (effectifs par secteur), lisible par le Syndicat Mixte du Bassin Versant du Rollon, le commanditaire. On organise l'information en couches et on applique la sémiologie.
Organisation en couches thématiques
- Fond de référence : orthophotographie ou Géoportail (contexte), éventuellement LIDAR pour la microtopographie des berges.
- Couche « plan d'eau » : emprise de l'étang (polygone).
- Couche « secteurs » : Berge nord, Roselière est, Bras mort sud (polygones, teintes qualitatives).
- Couche « observations » : cercles proportionnels aux effectifs (variable de taille).
Carte schématique. Les éléments obligatoires sont tous présents : titre implicite (via légende), légende, échelle, flèche du nord, et — à ajouter en pied de carte réelle — la source et le système de projection (ex. RGF93 / Lambert-93). Cercles proportionnels à la surface, pas au rayon.
L'honnêteté graphique, prolongement de la leçon 4
- L'axe des barres part de zéro, sauf justification explicite. Un axe tronqué exagère un écart réel — la déformation vue en leçon 4, version courante.
- La surface code la quantité, pas le rayon. Doubler un rayon quadruple la surface perçue : un cercle « 2× plus grand en rayon » suggère « 4× plus d'individus ».
- Une échelle de couleur cohérente avec la donnée. Valeur pour du quantitatif, teinte pour du qualitatif — jamais l'inverse.
- La carte sert le message, pas l'inverse. On choisit l'échelle et les couches en fonction de ce que le commanditaire doit comprendre, pas de ce qui « fait joli ».
Produire une carte et un jeu de graphiques exploitables
- Définir le message unique de chaque figure : une carte = une idée. Si deux messages, deux figures.
- Structurer les couches dans le SIG (fond, emprises, thématiques, observations) et vérifier le système de projection (RGF93 / Lambert-93 en métropole).
- Appliquer la sémiologie : variable visuelle adaptée à la nature de chaque donnée.
- Composer la mise en page avec les 5 obligatoires : titre, légende, échelle, orientation (nord), source (+ projection, date).
- Contrôler la lisibilité : contraste, taille de police à l'échelle de lecture, épuration des éléments inutiles.
- Exporter en PDF vectoriel pour l'oral E4 (impression papier et projection sans perte), en veillant à l'interopérabilité des formats source (CSV, KML, GeoJSON ; taxonomie TAXREF).
Les cinq éléments obligatoires d'une carte (mémo)
- Titre — de quoi parle la carte, où, quand
- Légende — signification de chaque signe et couleur
- Échelle — barre graphique (résiste au redimensionnement)
- Orientation — flèche du nord
- Source & projection — origine des données, système de coordonnées, date
Ce qui rend une figure « juste mais illisible »
| Erreur | Conséquence |
|---|---|
| Coder une quantité par une teinte (rouge/bleu) au lieu d'une valeur | Le lecteur ne perçoit pas la hiérarchie ; carte illisible malgré des données justes |
| Cercles proportionnels au rayon et non à la surface | Effectifs visuellement exagérés d'un facteur au carré |
| Carte sans échelle, nord ou source | Document non exploitable professionnellement, non défendable à l'oral |
| Axe de barres tronqué sans le signaler | Écart minime perçu comme majeur (déformation de la leçon 4) |
| Surcharge d'informations sur une seule carte | Message noyé ; le lecteur ne sait plus quoi regarder |
| Export en image pixellisée basse résolution | Carte floue à la projection ou à l'impression de l'oral E4 |
Quiz — Représenter sans déformer
Auto-positionnement
À compléter honnêtement avant de passer à l'Acte 3.