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Bloc B7 — C7.1 › Leçon 7.1e

💰 Leçon 7.1e · Module C7.1

Les financeurs — panorama complet, taux, contraintes et modes de gestion financière

Connaître les politiques publiques (leçon 7.1d) ne suffit pas — il faut comprendre précisément comment chaque financeur fonctionne : son taux de financement, ses conditions de dépôt, ses obligations de justification, ses délais de versement et ses règles de cumul. Un projet bien monté sur le papier peut échouer faute de trésorerie ou de cofinancement correctement assemblé.

⏱ 45 minDurée estimée
C7.1 — critère 3Maîtrise des montages budgétaires /6
Fil rougeMarais du Rohu — 180 000 €
① Savoir ② Savoir-être ③ Savoir-faire ④ Évaluation
💰

① Savoir

Panorama complet des financeurs GPN — fiches opérationnelles

🌿 Objectif de la leçon — Marais du Rohu : assembler 180 000 €

Le budget du projet est de 180 000 €. Aucun financeur public ne finance à 100% — il faut assembler plusieurs sources. Cette leçon couvre chaque financeur possible avec ses taux réels, ses contraintes, et sa logique propre. À la fin, le calculateur interactif permet de tester le montage financier et vérifier son équilibre.

📌 La règle des fonds propres

Tout projet GPN nécessite une part de fonds propres

Aucun financeur public ne couvre 100% d'un projet. La plupart exigent un minimum de 10 à 20% de fonds propres de la structure porteuse — c'est ce qu'on appelle l'autofinancement ou la part porteur. Cette exigence remplit deux rôles : elle démontre l'engagement de la structure dans le projet (skin in the game) et elle limite les risques de sur-financement. Pour une association GPN sans réserves importantes, cette part peut être constituée par le bénévolat valorisé, les cotisations, les prestations ou le mécénat.

A — Fiches financeurs — taux, conditions et contraintes spécifiques
Établissement public de l'État · 6 Agences selon bassins versants
Agences de l'eau — financement des actions eau et biodiversité
Les Agences de l'eau financent des actions contribuant au bon état des masses d'eau (DCE) et à la protection de la biodiversité aquatique. Chaque Agence a un programme d'intervention pluriannuel (11e programme 2019-2024) qui définit les priorités et les taux. Sur le Marais du Rohu : Agence de l'eau Loire-Bretagne.
30–80%du coût éligible
Taux selon le type d'action
Restauration zones humides : jusqu'à 80% (action prioritaire)
Continuité écologique cours d'eau : jusqu'à 70%
Lutte contre EEE aquatiques : jusqu'à 60%
Études préalables : jusqu'à 70%
Sensibilisation / animation : 30–50%
Fonctionnement animation N2000 : programme spécifique — consulter
Conditions et contraintes
Dossier de demande de subvention déposé AVANT le démarrage des travaux
Plan de financement complet exigé avec tous les cofinanceurs identifiés
Justification des dépenses par factures acquittées
Délai de versement : acomptes possibles (30–50%) + solde sur présentation du bilan
Conventionnement annuel ou pluri-annuel (CPER)
Obligation de signalétique "Agence de l'eau" sur les équipements financés
Sur le Marais du Rohu : Restauration des chenaux (135 000 €) = éligible à 70–80%. Soit 94 500 à 108 000 € de l'Agence de l'eau Loire-Bretagne. Ce financeur est le pivot du projet — à contacter en premier. Le sentier d'interprétation (45 000 €) peut être partiellement éligible si le volet sensibilisation aux zones humides est mis en avant (30–40% soit 13 500–18 000 €).
⚠️ Point de vigilance : Les Agences de l'eau versent en remboursement de dépenses déjà engagées — pas en avance. La structure doit disposer de trésorerie suffisante pour préfinancer les travaux avant remboursement. Ce délai peut atteindre 12 à 18 mois pour le solde.
Fonds européen agricole · Géré par les Régions en France
FEADER — Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural
Le FEADER finance le développement rural, les mesures agri-environnementales et la valorisation du patrimoine naturel en milieu rural. En Bretagne : programme Breizh Biodiv et MAEC contractualisées. Appels à projets régionaux avec des critères de sélection précis.
55–75%du coût éligible
Types d'actions finançables
MAEC : paiement aux agriculteurs pour pratiques agri-environnementales (fauche tardive, non-labour, maintien haies...)
Investissements biodiversité : restauration de zones humides en lien avec l'agriculture
Sentiers et valorisation : équipements d'interprétation en milieu rural
Animation N2000 : postes de chargés de mission N2000
Plans de gestion forestiers : certifiés PEFC ou FSC
Conditions et contraintes
Réglementation européenne très stricte sur l'éligibilité des dépenses — à vérifier avant d'engager
Contrôle sur place possible pendant 5 ans après la fin du projet
TVA non récupérable = charge supplémentaire pour les associations non assujetties
Délais de versement longs (6 à 18 mois) — préfinancement indispensable
Appels à projets régionaux avec dates de dépôt fixes — ne pas rater les fenêtres
Plan de financement complet requis avec tous les cofinanceurs engagés
Sur le Marais du Rohu : Les MAEC sur les 25 ha agricoles privés peuvent être contractualisées avec les éleveurs extensifs via le FEADER Bretagne (paiement de 200 à 400 €/ha/an selon les clauses). Le sentier d'interprétation (45 000 €) est éligible comme investissement de valorisation en milieu rural à 60% soit 27 000 €. Total FEADER potentiel : 27 000 € + MAEC sur 5 ans.
⚠️ Point de vigilance : Les fonds FEADER sont soumis aux règles des aides d'État — certaines actions peuvent être plafonnées par les règles de minimis (200 000 € sur 3 ans pour une même structure). Vérifier avec la Région avant de construire le budget.
Fonds européen de développement régional · Géré par les Régions
FEDER — Fonds Européen de Développement Régional
Le FEDER cofinance des investissements contribuant à la transition écologique, à l'attractivité territoriale et à l'innovation dans les régions. Son utilisation pour des projets GPN est possible mais encadrée — il faut démontrer la contribution aux priorités du Programme Opérationnel (PO) régional.
40–60%du coût éligible
Types d'actions finançables
Investissements biodiversité : équipements, maisons de la nature, observatoires
Adaptation au changement climatique : restauration de zones humides comme infrastructure verte
Tourisme durable : sentiers, mise en valeur du patrimoine naturel
Innovation : projets pilotes ou expérimentaux avec dimension territoriale
Actions à fort impact territorial démontrable (emplois, attractivité...)
Conditions et contraintes
Contribution démontrée aux priorités du PO FEDER régional — à vérifier avec la Région
Suivi et reporting très lourd — indicateurs de résultat obligatoires
Audit de dépenses possible — comptabilité rigoureuse indispensable
Publicité obligatoire (panneaux, communications mentionnant le FEDER)
Délai de versement : acomptes + solde sur bilan final — délais très longs
Déconseillé pour les petits projets (<100 000 €) — coût de gestion trop élevé
Sur le Marais du Rohu : Le FEDER est moins naturel que le FEADER pour ce projet. Mais si le sentier d'interprétation est présenté comme un investissement de tourisme durable et d'attractivité de la presqu'île de Rhuys, le PO FEDER Bretagne peut cofinancer jusqu'à 50% des équipements soit 22 500 € sur les 45 000 €. À combiner avec l'ENS Département et la commune.
Programme européen direct · Commission européenne
Programme LIFE — financement direct de projets pilotes
LIFE est le seul programme européen où le porteur de projet dépose directement à la Commission sans passer par l'échelon national ou régional. Il finance des projets ambitieux, pilotes ou innovants sur la biodiversité, l'adaptation climatique et la gouvernance environnementale. Procédure lourde, sélectivité élevée, financements importants.
55–75%du budget total
Types de projets LIFE
LIFE Nature et Biodiversité : restauration d'habitats N2000, conservation d'espèces menacées
LIFE Adaptation au changement climatique : zones humides comme infrastructure d'adaptation
LIFE Gouvernance : outils de sensibilisation, réplication de bonnes pratiques
Projets minimum de 500 000 € — pas adapté aux petits projets
Dimension pilote ou innovante indispensable — ne pas refaire ce qui existe déjà
Conditions et contraintes
Dossier en anglais ou en français — très technique et long à préparer (6 à 12 mois de préparation)
Partenariat européen souvent requis (2 à 5 partenaires de différents pays)
Taux de sélection : 10 à 20% des projets soumis
Monitoring et rapports semestriels obligatoires
Durée des projets : 3 à 5 ans minimum
Expertise en gestion de fonds européens indispensable
Sur le Marais du Rohu : LIFE n'est pas adapté au projet actuel (budget trop petit, pas de dimension pilote suffisante). En revanche, si le CEN Bretagne souhaitait développer un projet plus ambitieux de restauration des marais côtiers bretons à l'échelle régionale, LIFE pourrait être pertinent. À envisager comme perspective à moyen terme (leçon 7.3d — pistes d'évolution).
Établissement public de l'État · Crédits État et redevances
OFB (Office Français de la Biodiversité) et crédits État
L'OFB finance des actions via ses appels à projets (Fonds Biodiversité, contrats N2000, animation PNA) et ses subventions directes aux gestionnaires de sites. Il apporte aussi un soutien technique et scientifique. Les crédits État (DREAL, DDT) couvrent notamment l'animation N2000 et les PNA.
50–100%selon le dispositif
Dispositifs de financement OFB / État
Animation N2000 : financement à 100% du poste d'animateur N2000 (FEADER + État) sur les sites où l'animateur est désigné
Contrats N2000 non agricoles : financement à 100% des actions de gestion des habitats et espèces du DOCOB
Fonds biodiversité OFB : appels à projets compétitifs — projets pilotes, innovants ou à fort impact
PNA : financement des actions sur les espèces prioritaires dans leurs territoires PNA
Police de l'environnement : pas un financement — rôle de contrôle réglementaire
Conditions et contraintes
Animation N2000 : la structure doit être désignée animatrice par le Préfet
Contrats N2000 : actions définies dans le DOCOB — pas d'improvisation
Fonds biodiversité : appels à projets annuels — sélectivité élevée
PNA : partenariat avec la DREAL coordonnatrice et protocoles de suivi standardisés
Délai de versement : souvent en fin d'année (crédits État) — difficultés de trésorerie
Justification par conventions annuelles ou pluriannuelles
Sur le Marais du Rohu : Le CEN Bretagne est animateur N2000 — l'animation est financée à 100% par l'État et le FEADER (hors budget projet). Le PNA Phragmite aquatique peut cofinancer les actions ciblées sur cette espèce (protocole de suivi, restauration de roselières) via la DREAL Bretagne. Les contrats N2000 non agricoles peuvent financer le curage des chenaux en lien avec les habitats du FSD du site.
Collectivité territoriale · Crédits propres Région
Région — programmes propres biodiversité et cofinancement des fonds européens
Les Régions financent la biodiversité via leurs propres programmes (ex : Breizh Biodiv en Bretagne) et gèrent les fonds FEADER et FEDER. Elles ont souvent des appels à projets annuels avec des critères de sélection liés à leurs priorités politiques. La relation avec la Région est stratégique — elle est souvent le "financeur pivot" qui conditionne les autres.
20–50%du coût éligible
Types d'actions finançables
Investissements biodiversité : restauration de milieux, équipements
Fonctionnement des structures : subventions de fonctionnement aux CEN, LPO...
Animation et sensibilisation : projets pédagogiques, formations
Etudes : diagnostics, plans de gestion, cartographies
Cofinancement FEADER / FEDER : apport de contrepartie nationale
Conditions et contraintes
Appels à projets avec calendrier fixe — ne pas rater les dates de dépôt
Priorités politiques changeantes selon la majorité en place
Délibération du conseil régional pour les financements importants
Convention bipartite Région / structure porteuse
Versement en acompte + solde sur bilan — délai 12 à 24 mois
La Région est souvent "financeur chef de file" — son engagement rassure les autres
Sur le Marais du Rohu : La Région Bretagne est le financeur initialement identifié dans la commande (180 000 €). Son accord conditionne les autres. Taux réaliste : 30–40% du budget total soit 54 000 à 72 000 €. Sa participation agit comme garantie pour les autres financeurs (Agence de l'eau, FEADER, Département).
⚠️ La Région n'est pas un guichet : Elle sélectionne les projets selon ses propres priorités. Un projet bien aligné sur la stratégie régionale (SRADDET, Breizh Biodiv) a beaucoup plus de chances qu'un projet présenté hors contexte politique régional.
Collectivité territoriale · Taxe d'Aménagement ENS
Département — politique ENS et soutien aux associations
La politique ENS est propre aux Départements. Elle est financée par une fraction de la Taxe d'Aménagement (jusqu'à 2,5%) perçue lors des permis de construire. C'est une ressource fiscale dédiée, donc relativement stable. Le Département peut aussi verser des subventions de projet ou de fonctionnement aux associations GPN reconnues.
20–40%du coût éligible
Types d'actions finançables
Acquisition foncière ENS : achat de sites naturels sensibles par le Département
Gestion des sites ENS : conventions de gestion + financement des actions
Aménagements accueil du public : sentiers, panneaux, observatoires sur sites ENS
Animations et sensibilisation : actions pédagogiques sur les ENS
Études : inventaires, plans de gestion des sites ENS
Conditions et contraintes
Site doit être classé ENS ou en périmètre de préemption ENS
Accueil du public souvent exigé (mission ENS de valorisation)
Convention entre le Département et la structure gestionnaire
Délibération du conseil départemental pour les montants importants
Financement moins compétitif que FEADER/FEDER — moins de dossiers en concurrence
Versement en 2 tranches (acompte + solde) sur présentation du bilan
Sur le Marais du Rohu : Le Marais du Rohu est en périmètre ENS du Morbihan. Le Département du Morbihan peut financer les équipements du sentier d'interprétation à 30–40% soit 13 500 à 18 000 € sur les 45 000 €. C'est souvent le financement le plus rapide à obtenir — les délais d'instruction sont plus courts que pour les fonds européens.
Personnes morales de droit privé · Sans but lucratif
Fondations privées — mécénat environnemental
Les fondations privées (Fondation de France, Fondation EDF, Fondation MAVA, Fondation pour la Nature et l'Homme, Fondation Crédit Agricole...) financent des projets environnementaux sur leurs ressources propres (dotation initiale, produits financiers, donations). Elles sont indépendantes des cycles politiques — avantage de stabilité.
5 000–200 000 €par projet selon fondation
Principales fondations actives en GPN
Fondation de France : programme Environnement — biodiversité, espaces naturels, éducation à la nature (plafond 20 000 à 50 000 €)
Fondation EDF : espaces naturels, éducation à l'environnement, projets locaux
Fondation pour la Nature et l'Homme (FNH) : projets innovants de protection de la nature (jusqu'à 100 000 €)
Fondation MAVA : zones humides méditerranéennes et atlantiques (projet spécifique)
Fondation Crédit Agricole Solidarité et Développement : projets territoriaux
Fondation Ocean Vital : zones côtières et marines
Conditions et contraintes
Association reconnue d'intérêt général (reçoit des dons déductibles) ou utilité publique
Dossier de demande spécifique à chaque fondation — pas de formulaire universel
Critères propres à chaque fondation — lire attentivement les appels
Délai de réponse : 2 à 6 mois selon les fondations
Rapport de fin de projet obligatoire avec bilan financier détaillé
Renouvellement possible si bons résultats — fidéliser la relation avec la fondation
Sur le Marais du Rohu : La Fondation de France (programme Environnement) et la Fondation Ocean Vital (zones côtières) sont pertinentes pour ce projet. Montants accessibles : 15 000 à 40 000 €. Ces financements complètent les financements publics — ils couvrent souvent les dépenses non éligibles aux fonds publics (fonctionnement, bénévolat non valorisable, communication).
⚠️ Calendrier décalé : Les fondations ont leurs propres calendriers d'appels à projets — souvent 1 à 2 fois par an. Se renseigner dès le début du montage pour ne pas rater les fenêtres de dépôt.
Financement alternatif · Non public
Mécénat d'entreprise, financement participatif, bénévolat valorisé
Ces sources de financement sont souvent sous-exploitées par les structures GPN. Elles permettent de constituer les fonds propres indispensables au montage du plan de financement — et parfois de financer des dépenses que les financeurs publics n'acceptent pas (fonctionnement, communication, temps bénévole).
Variable5–30% du budget
Mécénat d'entreprise
Principe : une entreprise verse un don à une association reconnue d'utilité publique ou d'intérêt général — elle bénéficie d'une réduction d'impôt de 60% du montant versé (dans la limite de 0,5% du CA)
Contrepartie autorisée : maximum 25% du don en valorisation (logo, présence, citation) — au-delà c'est du sponsoring et les règles fiscales changent
Cibles : entreprises locales sensibles aux enjeux environnementaux, entreprises en démarche RSE, entreprises liées au territoire (tourisme, agriculture, pêche)
Montant réaliste : 1 000 à 20 000 € par entreprise pour un petit projet local
Financement participatif et bénévolat valorisé
Crowdfunding (Hello Asso, Ulule) : collecte en ligne auprès du grand public — efficace pour des projets avec forte dimension locale ou émotionnelle. Réaliste : 3 000 à 20 000 € pour un projet GPN bien communiqué
Chantiers participatifs : bénévoles qui réalisent des travaux — le temps valorisé peut être inscrit en contrepartie dans le budget
Bénévolat valorisé : le temps des bénévoles est comptabilisé à un taux horaire conventionnel (10–15 €/h selon les conventions collectives) et apparaît en dépenses ET en recettes du budget — il constitue ainsi un apport de fonds propres immatériels
Temps valorisé apprenant : même principe pour les stages pédagogiques — les heures de formation pratique peuvent être valorisées dans le budget
Sur le Marais du Rohu : Un chantier participatif de débroussaillage avec des bénévoles (20 personnes × 2 jours × 10 €/h × 8h = 3 200 €) peut être valorisé dans le budget comme fonds propres. Une campagne de financement participatif sur la restauration de la roselière (objectif émotionnel fort) peut lever 5 000 à 10 000 €. Ces deux sources constituent une part de fonds propres sans solliciter la trésorerie de la structure.
B — Tableau récapitulatif des financeurs — taux et conditions clés
FinanceurTaux indicatifType de dépensesDélai versementPoint de vigilance
Agence de l'eau30–80%Travaux, études, animation eau12–18 moisRemboursement sur factures — préfinancer
FEADER55–75%MAEC, investissements ruraux, sentiers12–24 moisContrôles 5 ans — traçabilité absolue
FEDER40–60%Investissements, tourisme durable18–30 moisReporting lourd — déconseillé <100 000 €
LIFE55–75%Projets pilotes >500 000 €18–36 moisSélectivité très élevée, procédure lourde
OFB / État (N2000)80–100%Animation N2000, contrats N20006–12 moisCrédits fin d'année — trésorerie tendue
Région20–50%Investissements, fonctionnement12–18 moisPriorités politiques changeantes
Département ENS20–40%Accueil public, gestion ENS6–12 moisSite doit être classé ENS
Fondations5 000–200 000 €Variable selon fondation3–6 moisCalendrier propre à chaque fondation
Mécénat / participatif5–30%Tout (peu de restrictions)ImmédiatEffort de communication requis
C — Les modes de gestion financière — comment structurer le flux financier
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La convention
Document contractuel entre la structure porteuse et chaque financeur. Définit le montant, les dépenses éligibles, le calendrier de versement et les obligations de rendu (rapport, justificatifs). C'est la forme standard pour les financements publics.
Sur le Rohu : une convention bipartite par financeur (Région, Agence de l'eau, Département, OFB)
🤝
La contractualisation (MAEC)
Contrat entre un agriculteur ou propriétaire et l'État (via la Région pour le FEADER). L'agriculteur s'engage sur des pratiques pendant 5 ans et reçoit un paiement annuel. La structure GPN joue le rôle d'animateur qui facilite la contractualisation.
Sur le Rohu : MAEC avec les éleveurs des 25 ha privés — paiement 200–400 €/ha/an pendant 5 ans
🌐
Le financement participatif
Collecte auprès du grand public via une plateforme en ligne. Permet de constituer des fonds propres et de tester l'adhésion du public au projet. Les contreparties aux donateurs sont limitées (goodies, visites...). Particulièrement efficace pour les projets à fort ancrage local ou émotionnel.
Sur le Rohu : campagne "Sauvez la Loutre du Marais du Rohu" — objectif 8 000 €
👥
La collaboration / chantier participatif
Mobilisation de bénévoles pour réaliser des travaux de gestion (débroussaillage, plantation, entretien). Le temps bénévole est valorisé dans le budget. Permet de réduire les coûts réels, de créer du lien avec le territoire et d'enrichir les fonds propres immatériels.
Sur le Rohu : chantier bénévoles CEN + riverains — 2 jours × 25 personnes = valorisation 4 000 €
🏗️
La coopération multi-structures
Plusieurs structures s'associent pour porter un projet — l'une d'elles est structure chef de file (gère les financements) et les autres sont partenaires. Permet d'accéder à des financements plus importants (LIFE, grands FEADER) et de partager les compétences.
Sur le Rohu : CEN Bretagne (chef de file) + Commune + CC Golfe du Morbihan comme partenaires
Le phasage financier
Décomposer le projet en phases avec des financements différents selon les phases. Phase 1 : études préalables (financées par fondation ou Région). Phase 2 : travaux (financés par Agence de l'eau + FEADER). Phase 3 : suivi (financé par animation N2000). Évite de chercher tout le financement en une seule fois.
Sur le Rohu : Phase 1 études (T1) → Phase 2 travaux (T2–T3) → Phase 3 suivi (T4–T5)
Le bénévolat valorisé et le temps valorisé — comment ça fonctionne
Un mécanisme comptable qui transforme du temps gratuit en fonds propres
Principe comptable
Le bénévolat valorisé Le temps des bénévoles est comptabilisé à un taux horaire conventionnel (généralement le SMIC horaire brut charges comprises soit environ 14–16 €/h, ou le taux défini par la convention collective du secteur).

Ce montant apparaît en charges (dépenses de personnel bénévole) et en produits (contributions volontaires en nature) — les deux s'annulent mais gonflent le budget total, augmentant mécaniquement la part de fonds propres.
Exemple de calcul — Marais du Rohu
Chantier participatif de débroussaillage :
25 bénévoles × 2 journées × 7h = 350 heures
Taux horaire SMIC brut + charges = 15 €/h
Valorisation : 350 × 15 = 5 250 €

Ces 5 250 € apparaissent en dépenses ET en recettes du budget prévisionnel.
Ils constituent une part de fonds propres sans mobiliser de trésorerie.

Temps valorisé apprenants (stage) :
2 étudiants BTS GPN × 6 semaines × 35h × 12 €/h = 5 040 €
Idem : apparaît en charges et en produits.

Total valorisation possible sur le Rohu : ~10 000 €
🧭

② Savoir-être

Ne pas promettre aux financeurs ce qu'on ne peut pas tenir

La tentation dans le montage de projet est de surestimer les résultats attendus pour obtenir les financements — puis de se retrouver en difficulté pour rendre des comptes. C'est une erreur grave qui peut compromettre les relations avec les financeurs pour les projets suivants, voire engager la responsabilité de la structure sur des fonds non justifiés.

🎭 Mise en situation — Marais du Rohu

Scénario : le financeur demande une garantie de résultats

Lors de la présentation du projet à l'Agence de l'eau Loire-Bretagne, le chargé de mission te demande : "Pouvez-vous garantir que la restauration des chenaux permettra de retrouver une population de Loutre sur le site dans les 3 ans ?" Le directeur du CEN, à côté de toi, te regarde pour que tu répondes.

Tu sais que la restauration des chenaux est une condition nécessaire mais pas suffisante pour le retour de la Loutre — d'autres facteurs (dérangement humain, disponibilité des proies, territoire de l'individu) interviennent et sont hors de ton contrôle.

❓ Comment répondre honnêtement sans compromettre le financement ?
🛠️

③ Savoir-faire

Construire le plan de financement — calculateur interactif

1

Définir l'assiette éligible par financeur

Toutes les dépenses ne sont pas éligibles à tous les financeurs. Exemple : les frais de déplacement du technicien sont éligibles à l'Agence de l'eau mais pas au FEADER. Les dépenses de communication sont éligibles à la Région mais pas à tous les programmes FEADER. Il faut construire pour chaque financeur l'assiette des dépenses éligibles — et ne solliciter que sur cette assiette.

2

Appliquer les taux et vérifier que le total ne dépasse pas 100%

Sur une même dépense, la somme des taux de financement ne peut pas dépasser 100%. En pratique avec des fonds européens (FEADER à 60%) + Agence de l'eau à 50% sur les mêmes travaux = 110% : INTERDIT. Il faut soit réduire un des taux, soit affecter différents financeurs à différentes lignes de dépenses (les fonds européens sur les travaux, l'Agence de l'eau sur les études, par exemple).

3

Calculer la part de fonds propres résiduelle

Fonds propres = budget total − total des subventions obtenues. Cette part doit être réaliste : si les fonds propres requis dépassent les réserves de la structure, il faut soit chercher des financements supplémentaires (fondation, mécénat) soit réduire le budget. Ne jamais inclure dans les fonds propres des ressources hypothétiques non encore acquises.

4

Anticiper le plan de trésorerie

Les financeurs remboursent les dépenses après réalisation. Si les travaux commencent en mars (dépense de 50 000 €) et que l'Agence de l'eau verse l'acompte en juin et le solde en décembre, la structure doit préfinancer 50 000 € pendant plusieurs mois. Vérifier que la trésorerie de la structure supporte ce délai — ou prévoir une avance de trésorerie (ligne de crédit, convention d'avance avec une collectivité).

Calculateur de plan de financement — Marais du Rohu Budget total : 180 000 €

Modifier les taux de financement de chaque source pour voir le montage s'équilibrer. La somme des financeurs + fonds propres doit atteindre 100%.

Agence de l'eau Loire-Bretagne
% du budget
FEADER Région Bretagne
%
Région Bretagne (fonds propres)
%
Département Morbihan ENS
%
OFB / Contrats N2000
%
Mécénat + participatif + bénévolat
%
Agence de l'eau81 000 €
FEADER36 000 €
Région27 000 €
Département ENS14 400 €
OFB / N20009 000 €
Mécénat + participatif12 600 €
Total financements180 000 €
Part non couverte (fonds propres structure)0 €
📋 Ce que le jury évalue — Critère 3 de C7.1 (/6 pts)

La "maîtrise des montages budgétaires" couvre : la connaissance des financeurs et de leurs conditions d'éligibilité, la capacité à construire un plan de financement équilibré (total = 100%, pas de dépassement de 100% sur une même assiette), et la compréhension des règles de cumul et de trésorerie. Le jury ne demande pas un chiffrage parfait — il vérifie que le candidat connaît les financeurs mobilisables, leurs taux et leurs contraintes principales.

💡 Dans la fiche E7 : présenter le plan de financement sous forme de tableau (financeur / montant / % / conditions clés) et indiquer comment les fonds propres sont constitués (réserves, valorisation bénévolat, mécénat). Ce tableau synthétique répond directement aux 3 indicateurs du critère 3.

📊

④ Évaluation

Je me situe — financeurs et modes de gestion financière

bonnes réponses sur 5

Auto-évaluation — Critère 3 de C7.1

Indicateur du jury E7 — Critère 3 : maîtrise des montages budgétairesMon niveau
Je connais les principaux financeurs GPN (Agence de l'eau, FEADER, FEDER, OFB, Région, Département ENS, fondations) et leurs taux indicatifs
Je sais construire un plan de financement équilibré (total = 100%, pas de dépassement sur une même assiette, fonds propres identifiés)
Je comprends le mécanisme du bénévolat valorisé et son rôle dans la constitution des fonds propres