Progression
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Bloc B7 — C7.1 › Leçon 7.1i

🎯 Cas pratique · Simulation E7

Cas pratique C7.1 — Montage du projet de restauration du Marais du Rohu

Ce cas pratique mobilise l'ensemble des compétences C7.1 acquises dans les leçons 7.1a à 7.1h. Il se présente sous la forme d'une situation réelle sur le Marais du Rohu, avec 8 questions progressives simulant les attendus du jury E7. Traitez chaque question avant de consulter la correction.

⏱ 90 minDurée recommandée
8 questionsCouvrant les 3 critères C7.1
Niveau jury E7Simulation d'examen
Fil rougeMarais du Rohu — projet complet
Questions :
📋
Commande — Marais du Rohu (Morbihan)
À lire attentivement avant de traiter les questions

"Le Conservatoire du Littoral, propriétaire des 120 ha du Marais du Rohu (commune de Saint-Gildas-de-Rhuys, 56), mandate le CEN Bretagne pour concevoir et piloter un projet de restauration des chenaux de marée et de mise en place d'un sentier d'interprétation. Le site est classé en ZSC (FR5300019) et ZPS (FR5312009) au titre de Natura 2000, ainsi qu'en ENS du Morbihan. Des espèces patrimoniales sont présentes : Loutre d'Europe, Phragmite aquatique, Spatule blanche. Le site compte également 25 ha de parcelles agricoles privées (élevage extensif) et 15 ha de domaine public maritime.

Le budget envisagé est de 180 000 € TTC, sous réserve des financements obtenus. Le projet devra être présenté au comité de pilotage réunissant le Conservatoire du Littoral, le CEN Bretagne, la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys et la DDTM 56, avec dépôt des dossiers de subvention avant la fin du premier trimestre.

Le technicien GPN du CEN Bretagne est chargé de monter l'intégralité du dossier de projet."

1
Critère 1 — Identification des enjeux, de la structure et du territoire
Analyser la commande — commanditaire, finalités, enjeux et contraintes
Indicateur jury : maîtrise des finalités et du contexte de la commande — /6 pts
Question 1. À partir de la commande ci-dessus, répondez aux 4 points suivants :

a) Identifiez le commanditaire (MOA) et le maître d'œuvre (MOE) du projet. Quelle est leur relation juridique ?
b) Formulez 3 enjeux du projet — en distinguant enjeux écologiques et enjeux socio-économiques. Rappel : un enjeu se formule sans verbe d'action.
c) Identifiez 3 contraintes non-négociables détectées à la lecture de la commande.
d) Citez 2 acteurs absents de la commande mais incontournables dans la réalité du projet. Justifiez.
Votre réponseTraitez les 4 points avant de consulter la correction
✓ Correction — Question 1/6 pts au jury

a) MOA / MOE et relation juridique

MOA : Le Conservatoire du Littoral — établissement public, propriétaire du site, donne la commande et finance. C'est lui qui valide les livrables et décide in fine.
MOE : Le CEN Bretagne — association loi 1901, gestionnaire mandaté. Conçoit, pilote, coordonne et rend compte au CdL.
Relation juridique : Convention de gestion entre le CdL (MOA) et le CEN Bretagne (MOE), qui définit les missions déléguées, le périmètre d'intervention et les modalités de financement. Le technicien GPN est salarié du CEN — il agit sous l'autorité du directeur du CEN, dans le cadre de la délégation reçue.

b) 3 enjeux (sans verbe d'action)

  • Enjeu écologique : Dégradation progressive de la fonctionnalité hydraulique des chenaux de marée par comblement sédimentaire — menaçant les habitats de roselières et de prés salés d'intérêt communautaire (habitats N2000)
  • Enjeu écologique : Fragilité des populations de Phragmite aquatique et de Loutre d'Europe sur un site à haute valeur patrimoniale mais soumis à des pressions anthropiques croissantes
  • Enjeu socio-économique : Tension entre fréquentation touristique croissante et objectifs de conservation — la presqu'île de Rhuys génère 45 000 visiteurs/an sur le site, créant une pression de piétinement sur les habitats sensibles

c) 3 contraintes non-négociables

  • Délai de dépôt T1 : les dossiers de subvention doivent être déposés avant fin mars — ce qui impose un calendrier de projet très contraint (études préalables + rédaction dossiers en moins de 3 mois)
  • Statuts N2000 (ZSC + ZPS) : évaluation des incidences Natura 2000 obligatoire pour tous travaux sur le périmètre — et dérogation espèces protégées probable pour la Loutre
  • Budget conditionné (180 000 € TTC) : le budget est estimatif et conditionné à l'obtention des financements — un plan de financement équilibré est indispensable avant tout engagement

d) 2 acteurs absents mais incontournables

  • Les agriculteurs propriétaires des 25 ha de parcelles privées : les travaux en chenaux peuvent impacter leurs terres ou leurs pratiques. Sans leur accord (convention amiable ou bail rural environnemental), aucune intervention n'est possible sur ces parcelles. La DIG serait un recours de dernier ressort, mais une négociation amiable préalable est indispensable.
  • L'Agence de l'eau Loire-Bretagne : financeur pivot pour la restauration des zones humides côtières (jusqu'à 80% des travaux). Son accord conditionne le bouclage du plan de financement. Or la commande ne la mentionne pas — c'est une lacune à combler dès la phase de montage.
MOA/MOE corrects et relation juridique : 1,5 pt
3 enjeux sans verbe d'action, écolo + socio-éco : 2 pts
3 contraintes non-négociables justifiées : 1,5 pt
2 acteurs absents pertinents : 1 pt
Mon niveau sur cette question :

2
Critère 2 — Pertinence du montage au regard du contexte
Statut et fonctionnement de la structure porteuse — CEN Bretagne
Indicateur jury : statut, fonctionnement, niveau d'intervention — /8 pts
Question 2. Le CEN Bretagne est une association loi 1901 dont 62% du financement provient de sources publiques.

a) Le CEN Bretagne est-il soumis au Code de la commande publique pour ses achats ? Justifiez précisément.
b) Pour le marché de restauration des chenaux estimé à 55 000 € HT, quelle procédure doit appliquer le CEN ? Citez le document central que le technicien GPN doit rédiger et expliquez pourquoi sa rédaction relève spécifiquement de sa compétence.
c) Le technicien GPN peut-il signer seul la convention de financement avec l'Agence de l'eau ? Justifiez en vous appuyant sur la chaîne de gouvernance du CEN.
Votre réponseTraitez les 3 points avant de consulter la correction
✓ Correction — Question 2/8 pts au jury

a) Assujettissement au Code de la commande publique

Oui, le CEN Bretagne est soumis au Code de la commande publique. La condition légale est : personne morale de droit privé, créée pour satisfaire un besoin d'intérêt général, et financée majoritairement (> 50%) par des fonds publics. Le CEN Bretagne remplit les trois critères : association à finalité d'intérêt général (protection de la nature), financé à 62% par des fonds publics (Région, Agences de l'eau, Département, OFB, FEADER). Il doit donc respecter les principes d'égalité d'accès, de transparence et d'efficacité économique pour ses achats.

b) Procédure applicable et document central

55 000 € HT relève de la procédure adaptée (MAPA) — en dessous du seuil de 5 538 000 € HT pour les travaux. Le CEN doit définir librement ses modalités de mise en concurrence en respectant les 3 principes de la commande publique : publicité adaptée, égalité de traitement des candidats, transparence des critères.

Le document central que le technicien GPN rédige est le CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières). Sa rédaction relève spécifiquement de sa compétence car :

  • Il définit les prescriptions écologiques (fenêtres d'intervention, espèces protégées à risque, méthodes autorisées) que seul un professionnel de l'écologie peut formuler
  • Il impose la présence d'un écologue de chantier et les obligations de reporting naturaliste — compétences absentes du personnel administratif
  • Un CCTP générique sans prescriptions écologiques produirait des travaux incompatibles avec les objectifs du site N2000

c) Signature de la convention de financement

Non, le technicien GPN ne peut pas signer seul. La chaîne de gouvernance d'une association loi 1901 est : Assemblée Générale → Conseil d'Administration → Bureau → Directeur salarié → Technicien. La signature d'une convention de financement avec l'Agence de l'eau engage juridiquement et financièrement le CEN Bretagne. Seul le président (représentant légal) ou le directeur (si le CA lui a accordé une délégation de signature formelle pour ce type de convention) peut signer. Le technicien prépare et instruit le dossier — il ne signe pas.

Assujettissement CCP justifié précisément : 2 pts
Procédure MAPA identifiée et justifiée : 2 pts
CCTP central + justification écologique : 2 pts
Délégation de signature — technicien ne peut signer : 2 pts
Mon niveau sur cette question :

3
Critère 2 — Pertinence du montage
Statuts fonciers et procédures réglementaires — cartographier les obligations
Indicateur jury : statut foncier, réglementaire, administratif — /8 pts
Question 3. Le projet se déroule sur trois régimes fonciers distincts : 80 ha propriété CdL, 25 ha de parcelles agricoles privées, 15 ha de domaine public maritime.

a) Pour chacun des 3 régimes fonciers, indiquez l'accord ou l'autorisation nécessaire avant toute intervention.
b) Listez et justifiez 4 procédures réglementaires à instruire en parallèle pour ce projet. Pour chacune, précisez l'autorité instructrice et le délai indicatif.
c) Identifiez le chemin critique réglementaire du projet et expliquez son impact sur le calendrier de dépôt des dossiers de subvention.
Votre réponseTraitez les 3 points avant de consulter la correction
✓ Correction — Question 3/8 pts au jury

a) Accords / autorisations par régime foncier

Régime foncierAccord / autorisation nécessaireForme
80 ha CdL (établissement public)La convention de gestion CdL/CEN Bretagne existante autorise les interventions dans le cadre du plan de gestion. Les travaux hors convention nécessitent un avenant signé par le CdL.Avenant à la convention de gestion existante
25 ha parcelles agricoles privéesAccord écrit des propriétaires obligatoire. Option préférée : bail rural environnemental (Art. L411-27 Code rural) avec clauses de non-drainage et de maintien des prés salés. Si refus : DIG par la commune ou l'intercommunalité.Bail rural environnemental ou convention d'accès amiable
15 ha domaine public maritimeAOT (Autorisation d'Occupation Temporaire) délivrée par la DDTM 56 au nom de l'État. Précaire et révocable. À coordonner avec le dossier loi sur l'eau (même instructeur).AOT DDTM 56

b) 4 procédures réglementaires

ProcédureDéclencheurInstructeurDélai
Évaluation des incidences N2000 (EIN)Travaux dans le périmètre ZSC + ZPS — obligation systématique. Intégrée au dossier loi sur l'eau.DDTM 56 (+ avis gestionnaire N2000)2–4 mois (selon complexité)
Déclaration ou autorisation loi sur l'eau (R214)Travaux en zone humide. Si surface > 1 ha → autorisation (6–12 mois) ; si < 1 ha → déclaration (2 mois). À préciser après estimation des surfaces.DDTM 562 mois (décl.) à 12 mois (auth.)
Dérogation espèces protégées (DEP) — Art. L411-2 CETravaux susceptibles de détruire ou déranger la Loutre d'Europe (espèce strictement protégée Ann. IV Dir. Habitats). Curage des chenaux = risque sur les zones de repos.Préfet (DDTM instruit) + avis CSRPN6–18 mois — chemin critique
AOT domaine public maritimeTravaux sur les 15 ha de DPM (estran et chenaux tidaux).DDTM 56 (service maritime)1–4 mois (coordonner avec loi eau)

c) Chemin critique et impact calendrier

La Dérogation espèces protégées (DEP) pour la Loutre d'Europe est le chemin critique — avec un délai de 6 à 18 mois. Elle conditionne le démarrage des travaux, quelle que soit l'avancée des autres procédures.

Impact sur le calendrier de subvention : Le délai de dépôt des dossiers de subvention est fixé à T1 (fin mars). Or la DEP ne peut être déposée qu'après des inventaires confirmant la présence et la localisation de la Loutre — ce qui nécessite au moins 1 à 2 mois de terrain. La DEP sera donc déposée en parallèle des dossiers de subvention, et non avant. Les financeurs (Agence de l'eau, FEADER) acceptent généralement de déposer les dossiers avec les procédures en cours d'instruction, à condition que le calendrier prévisionnel de procédures soit clairement présenté. Les travaux ne pourront commencer qu'après obtention de la DEP — soit au mieux 12 mois après dépôt des dossiers de subvention.

3 régimes fonciers + accords corrects : 2 pts
4 procédures identifiées + instructeurs : 3 pts
Chemin critique DEP identifié + impact calendrier : 3 pts
Mon niveau sur cette question :

4
Critère 2 — Pertinence du montage
Politiques publiques — identifier les dispositifs mobilisables
Indicateur jury : identification des conditions d'éligibilité — /8 pts
Question 4. Le projet associe restauration écologique et valorisation du patrimoine naturel sur un site N2000.

a) Identifiez 4 politiques publiques dans lesquelles ce projet s'inscrit, en indiquant pour chacune l'échelle concernée (UE, nationale, régionale, départementale ou locale) et la condition d'éligibilité principale.
b) Les 25 ha de parcelles agricoles privées font l'objet d'élevage extensif compatible avec les enjeux N2000. Quel outil contractuel permettrait d'assurer la pérennité de ces pratiques favorables à la biodiversité ? Décrivez son fonctionnement en 4 lignes.
Votre réponseTraitez les 2 points avant de consulter la correction
✓ Correction — Question 4/8 pts au jury

a) 4 politiques publiques mobilisables

PolitiqueÉchelleCondition d'éligibilité principale
Natura 2000 (Directives Habitats + Oiseaux) + DCEUnion EuropéenneActions ciblées sur les habitats et espèces du Formulaire Standard de Données (FSD) du site — le CEN Bretagne est animateur N2000 = condition remplie. EIN obligatoire pour les travaux.
Stratégie Nationale pour la Biodiversité 2030 (SNB) + Trame Verte et BleueNationaleLe Marais du Rohu est réservoir de biodiversité dans le SRADDET Bretagne. Le PNA Phragmite aquatique vise directement l'espèce présente sur le site — partenariat DREAL Bretagne requis.
Programme Breizh Biodiv + FEADER BretagneRégionaleCEN Bretagne conventionné Région = éligible. Restauration zones humides côtières = priorité Breizh Biodiv. Sentier d'interprétation éligible FEADER comme valorisation en milieu rural.
Politique ENS du Département du MorbihanDépartementaleSite classé ENS Morbihan. Accueil du public prévu (sentier). Convention entre CEN Bretagne et le Département = condition à formaliser.

b) Bail rural environnemental — fonctionnement

Le bail rural environnemental (Art. L411-27 Code rural) est un contrat de location agricole d'une durée minimale de 9 ans entre le propriétaire des parcelles et un exploitant agricole. Il inclut des clauses environnementales obligatoires que le preneur s'engage à respecter : interdiction de labour, maintien des prés salés en pâturage extensif, limitation des périodes de pâturage pour protéger le Phragmite aquatique en période de nidification, absence de drainage. Ces clauses sont opposables au preneur et à ses successeurs, garantissant la continuité des pratiques favorables sur le long terme même en cas de changement d'exploitant. Le CEN Bretagne joue le rôle d'animateur facilitant la négociation de ces baux avec les propriétaires et exploitants des 25 ha.

4 politiques correctes avec échelle : 4 pts (1 pt/politique)
Condition d'éligibilité précise par politique : 2 pts
Bail rural environnemental — fonctionnement complet : 2 pts
Mon niveau sur cette question :

5
Critère 3 — Maîtrise des montages budgétaires
Plan de financement — assembler les financeurs
Indicateur jury : ordres de grandeur, formalisme, pertinence du montage — /6 pts
Question 5. Le budget prévisionnel total est de 180 000 € TTC. Le CEN Bretagne a obtenu les engagements suivants : Agence de l'eau Loire-Bretagne (70% des travaux et études, assiette 68 200 €), FEADER Région Bretagne (60% des équipements du sentier et frais de structure, assiette 23 000 €), Département Morbihan ENS (30% des équipements du sentier, assiette 37 200 €), OFB/contrats N2000 (100% des actions N2000, assiette 12 000 €).

a) Calculez le montant de chaque subvention et le total des subventions obtenues.
b) Le CEN Bretagne dispose de 10 000 € de réserves propres. Il peut valoriser 8 000 € de bénévolat. Peut-il équilibrer le budget ? Si non, de combien manque-t-il ? Que propose-t-il pour combler cet écart ?
c) Expliquez pourquoi le bénévolat valorisé apparaît à la fois en dépenses et en recettes du budget.
Votre réponseEffectuez les calculs avant de consulter la correction
✓ Correction — Question 5/6 pts au jury

a) Calcul des subventions

FinanceurAssietteTauxMontant
Agence de l'eau Loire-Bretagne68 200 €70%47 740 €
FEADER Région Bretagne23 000 €60%13 800 €
Département Morbihan ENS37 200 €30%11 160 €
OFB / Contrats N200012 000 €100%12 000 €
Total subventions84 700 €

b) Équilibre budgétaire

Total budget : 180 000 €
Subventions obtenues : 84 700 €
Réserves propres CEN : 10 000 €
Bénévolat valorisé : 8 000 €
Total couverts : 84 700 + 10 000 + 8 000 = 102 700 €

Manque : 180 000 − 102 700 = 77 300 € — le budget n'est pas équilibré. Il manque 77 300 € à financer.

Propositions pour combler l'écart :

  • Mobiliser des financeurs complémentaires : Fondation de France (~15 000 €), mécénat d'entreprises locales (~8 000 €), financement participatif (~5 000 €)
  • Solliciter la Région Bretagne pour un complément de financement sur ses crédits propres Breizh Biodiv (~30 000 €)
  • Solliciter la CCGM (compétence GEMAPI) pour le volet restauration hydraulique (~20 000 €)
  • Si l'écart persiste après ces démarches : réduire le périmètre du projet Phase 1 (par exemple différer le sentier d'interprétation en Phase 2) pour ramener le budget Phase 1 à un montant finançable

c) Bénévolat valorisé — doubles écritures

Le bénévolat valorisé (8 000 €) apparaît en dépenses (personnel bénévole — coût fictif du temps des bénévoles évalué à un taux horaire conventionnel) et en recettes (contributions volontaires en nature). Les deux écritures s'annulent sur le résultat net mais augmentent le budget total de 8 000 €, ce qui augmente mécaniquement la part de fonds propres. C'est un mécanisme comptable légal reconnu par les financeurs publics — il permet de démontrer l'engagement de la communauté locale dans le projet.

4 calculs de subventions corrects : 2 pts
Écart identifié (77 300 €) et propositions cohérentes : 2 pts
Mécanisme bénévolat valorisé expliqué : 2 pts
Mon niveau sur cette question :

6
Critère 3 — Maîtrise des montages budgétaires
Coût salarial et budget prévisionnel — bien inscrire le personnel
Indicateur jury : formalisme budgétaire, coûts salariaux — /6 pts
Question 6. Le technicien GPN (chef de projet) a un salaire brut mensuel de 2 200 €. Le CEN Bretagne paie 42% de cotisations patronales. Il consacre 80% de son temps au projet pendant 18 mois.

a) Calculez le coût salarial mensuel total du technicien et le montant à inscrire dans le budget du projet pour ce poste.
b) Un prestataire externe réalise une étude préalable pour 8 400 € TTC. Le CEN Bretagne n'est pas assujetti à la TVA. Quel montant inscrit-il dans son budget ? Justifiez.
c) Le directeur du CEN vous demande d'inscrire le salaire net (1 700 €/mois estimé) dans le budget "pour paraître moins coûteux aux financeurs". Que lui répondez-vous ?
Votre réponseEffectuez les calculs avant de consulter la correction
✓ Correction — Question 6/6 pts au jury

a) Calcul du coût salarial

  • Salaire brut mensuel : 2 200 €
  • Cotisations patronales : 2 200 × 42% = 924 €
  • Coût salarial mensuel total : 2 200 + 924 = 3 124 €
  • Part affectée au projet (80%) : 3 124 × 80% = 2 499 €/mois
  • Montant à inscrire dans le budget du projet : 2 499 × 18 mois = 44 982 €

b) Prestation externe — HT ou TTC ?

Le CEN Bretagne n'est pas assujetti à la TVA sur ses activités de gestion naturelle — il ne peut donc pas récupérer la TVA payée sur ses achats. La TVA est une charge définitive qui fait partie du coût réel. Il inscrit 8 400 € TTC dans son budget. Les financeurs calculeront leur subvention sur ce montant TTC. Si le CEN inscrivait 7 000 € HT (en déduisant une TVA qu'il ne récupère pas), il sous-estimerait son budget de 1 400 €.

c) Réponse au directeur

Inscrire le salaire net (1 700 €) au lieu du coût salarial total (3 124 €) est une erreur technique grave, pas une astuce de présentation. Lors de l'instruction du dossier, les financeurs (Agence de l'eau, FEADER) demandent systématiquement les bulletins de salaire et les attestations de cotisations pour vérifier les montants inscrits. L'écart entre le net inscrit (1 700 €) et le coût réel (3 124 €) sera immédiatement détecté, conduisant à une réduction de la subvention (calculée sur le montant réel) et potentiellement à un rejet du dossier pour non-conformité. La bonne approche est de présenter le coût salarial total en le justifiant par le ratio brut/charges patronales — les financeurs connaissent ce calcul et l'acceptent parfaitement.

Calcul coût salarial total correct (3 124 € puis 44 982 €) : 2 pts
TTC justifié par non-assujettissement TVA : 2 pts
Réponse directeur — risque détection + conséquences : 2 pts
Mon niveau sur cette question :

7
Critère 3 — Maîtrise des montages budgétaires
Préfinancement — comparer des offres avec des maths financières
Indicateur jury : maîtrise des maths financières — /6 pts
Question 7. Le CEN Bretagne doit préfinancer 36 000 € pendant 12 mois en attendant le versement des subventions. Il a reçu deux offres :
Offre X : avance remboursable sans intérêt de la CCGM, remboursable in fine en 12 mois. Délai d'obtention : délibération du conseil communautaire dans 8 semaines.
Offre Y : prêt bancaire à 5,4%/an, remboursable par mensualités constantes sur 12 mois.

a) Calculez le coût total de l'Offre Y (intérêts payés sur 12 mois). Utilisez les intérêts simples comme approximation : I = C × t × n avec t = taux mensuel proportionnel.
b) Quel montant d'intérêts représente l'Offre Y exprimé en % du capital emprunté ?
c) Quelle offre recommandez-vous et pourquoi ? Intégrez dans votre réponse une contrainte calendaire concrète.
Votre réponseEffectuez les calculs avant de consulter la correction
✓ Correction — Question 7/6 pts au jury

a) Coût de l'Offre Y — intérêts simples (approximation)

  • Capital : C = 36 000 €
  • Taux annuel : 5,4% → Taux mensuel proportionnel : 5,4% ÷ 12 = 0,45% = 0,0045
  • Durée : n = 12 mois
  • Intérêts totaux (approximation) : I = 36 000 × 0,0045 × 12 = 1 944 €
  • Coût total du crédit : 36 000 + 1 944 = 37 944 €

Note : avec le taux équivalent mensuel exact = (1,054)^(1/12) − 1 = 0,4393% et des mensualités constantes, le total d'intérêts serait légèrement différent (~1 863 €) — l'approximation par intérêts simples est acceptable pour une estimation rapide.

b) Intérêts en % du capital

1 944 ÷ 36 000 × 100 = 5,4% du capital (cohérent avec le taux annuel sur 12 mois — résultat logique pour intérêts simples sur 1 an).

c) Recommandation

L'Offre X (avance remboursable à 0%) est recommandée — elle économise 1 944 € d'intérêts et son remboursement in fine correspond exactement au fonctionnement des subventions publiques (versées en solde après réalisation). La question est : le délai de 8 semaines (délibération CCGM) est-il compatible avec le calendrier ?

Contrainte calendaire concrète : si les travaux doivent démarrer dans 10 semaines (pour respecter la fenêtre écologique septembre–novembre), alors 8 semaines de délai pour l'avance remboursable laissent une marge de seulement 2 semaines — très juste. Si la délibération prend du retard, le chantier sera retardé hors fenêtre écologique. Dans ce cas, il peut être prudent de déclencher les deux démarches simultanément (demander l'avance ET préparer le dossier bancaire) et choisir l'offre X si elle arrive à temps, ou se rabattre sur l'Offre Y sans perte de temps.

Taux mensuel proportionnel correct (0,45%) : 1 pt
Calcul I = 1 944 € correct : 2 pts
% du capital (5,4%) : 1 pt
Recommandation + contrainte calendaire concrète : 2 pts
Mon niveau sur cette question :

8
Critère 2 — Pertinence du montage + Synthèse C7.1
Marchés publics et posture professionnelle — question de synthèse
Indicateur jury : marchés publics, posture, cohérence globale du montage — /8 pts
Question 8. En fin de préparation du dossier, deux situations se présentent :

Situation A : Le marché de construction de l'observatoire ornithologique est estimé à 15 000 € HT. Le directeur du CEN propose de le scinder en 3 commandes de 5 000 € chacune (charpente, menuiserie, fondations) pour rester sous le seuil de 40 000 € et éviter toute procédure formelle. Il dit que "c'est ce que tout le monde fait".

Situation B : Lors de la présentation finale au comité de pilotage, l'élu de la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys demande si le projet peut garantir "le retour de la Loutre sur le site d'ici 3 ans".

a) Pour la Situation A : la proposition du directeur est-elle légale ? Expliquez avec précision et indiquez ce que vous lui répondez.
b) Pour la Situation B : formulez la réponse que vous donnez à l'élu, en étant à la fois honnête et professionnel. Distinguez ce que le projet peut garantir de ce qu'il ne peut pas garantir.
c) En synthèse : citez les 3 points du montage C7.1 que vous jugez les plus critiques pour la réussite du projet Rohu, et justifiez chacun en 2 lignes.
Votre réponseTraitez les 3 points avant de consulter la correction
✓ Correction — Question 8/8 pts au jury

a) Situation A — scission artificielle du marché

La proposition du directeur est illégale. La scission artificielle d'un marché en lots de faible montant pour rester sous les seuils de mise en concurrence est expressément interdite par le Code de la commande publique (Art. L2113-3). L'observatoire ornithologique est une prestation unique — ses trois composantes (charpente, menuiserie, fondations) ne peuvent pas être commandées séparément à trois entreprises distinctes si l'objectif est d'échapper à la mise en concurrence.

Ce que je réponds au directeur : "La scission que tu proposes constitue un fractionnement artificiel interdit par le Code de la commande publique. En cas de contrôle (chambre régionale des comptes, DDTM, FEADER qui contrôle nos marchés sur 5 ans), nous serions exposés à une annulation du marché et potentiellement à la restitution des subventions. À 15 000 € HT, l'observatoire est en dessous du seuil de 40 000 € et n'est donc PAS soumis à procédure formelle — le gré à gré est possible. Si l'observatoire fait partie d'un ensemble avec les autres équipements du sentier et que l'ensemble dépasse 40 000 € HT, une MAPA s'impose mais c'est une procédure simple et protectrice."

b) Situation B — la garantie du retour de la Loutre

"Je comprends l'attente que vous exprimez et je vais vous répondre avec la rigueur scientifique que vous méritez. Ce projet ne peut pas garantir le retour de la Loutre sur le site dans 3 ans — ce serait vous induire en erreur. Le comportement d'un mammifère sauvage dépend de facteurs hors de notre contrôle : présence d'individus sur les territoires voisins, disponibilité des proies, niveau de dérangement humain, domaine vital de l'espèce. Ce que nous pouvons vous garantir, ce sont les résultats sur lesquels nous avons une maîtrise : la restauration de 600 mètres linéaires de chenaux dans le respect des prescriptions de la dérogation espèces protégées, la mise en oeuvre d'un protocole de suivi de la Loutre sur 5 ans avec un protocole standardisé, et l'amélioration mesurable de la fonctionnalité hydraulique du site. Si les conditions écologiques sont favorables — ce que la restauration favorisera — la probabilité de présence de la Loutre augmentera. C'est l'objectif, pas la garantie."

c) Les 3 points critiques du montage

  • La dérogation espèces protégées (DEP) pour la Loutre : c'est le chemin critique réglementaire — 6 à 18 mois de procédure. Sans DEP obtenue, aucun travail dans les chenaux ne peut commencer. Déposer ce dossier en priorité absolue, même avant les dossiers de subvention, conditionne toute la faisabilité du projet.
  • Le bouclage du plan de financement : les subventions obtenues ne couvrent que 102 700 € sur 180 000 €. Il manque 77 300 € à financer. Sans ce bouclage, aucun financeur public ne validera définitivement sa subvention. La recherche de compléments (Région Breizh Biodiv, CCGM GEMAPI, fondations) est urgente et parallèle aux dossiers réglementaires.
  • L'accord foncier sur les 25 ha de parcelles agricoles privées : sans l'accord des propriétaires (bail rural environnemental ou convention d'accès), l'intervention sur plus d'un tiers de la surface du site est bloquée. Une négociation foncière non aboutie peut remettre en cause une partie significative des travaux et compromettre l'intégrité écologique du projet (les prés salés privés sont écologiquement connectés aux chenaux à restaurer).
Illégalité scission + argumentation précise (art. CCP) : 2 pts
Distinction garanti / probable + réponse professionnelle : 2 pts
3 points critiques justifiés et hiérarchisés : 4 pts (1,3 pt chacun)
Mon niveau sur cette question :

Bilan du cas pratique C7.1

Marais du Rohu — résumé de vos auto-évaluations

Questions acquises
À retravailler
Non acquises
Points potentiels par critère jury E7 (C7.1)
Critère 1 — Identification enjeux / structure / territoire (Q1)
/6 pts
Critère 2 — Pertinence du montage (Q2 + Q3 + Q4 + Q8)
/8 pts
Critère 3 — Maîtrise des montages budgétaires (Q5 + Q6 + Q7)
/6 pts

💡 Ce que le jury vérifie globalement sur C7.1

Le jury E7 évalue la cohérence globale du montage de projet — pas seulement des réponses isolées. Il vérifie que le candidat articule enjeux → politiques → procédures → budget → marchés de façon logique et professionnelle. Les 8 questions de ce cas pratique couvrent exactement cette articulation sur un territoire réel. Si vous avez retravillé des points, les leçons 7.1a à 7.1h sont organisées par thème avec des renvois précis.