Maternelle / cycle 1 (3-5 ans)
Découverte sensorielle du monde, peu de connaissances scientifiques formalisées, vocabulaire naturaliste limité, attention très courte.
- Peur instinctive de certains animaux (insectes, araignées, serpents) transmise par imitation des adultes
- Fascination immédiate et non filtrée pour le vivant en mouvement
- Confusion fréquente entre le vivant et l'inanimé (une pierre peut être perçue comme « vivante » si elle bouge dans l'eau)
Approche sensorielle et kinesthésique en priorité, supports graphiques plutôt que textuels, consignes courtes et répétées.
Cycle 2 (CP-CE2, 6-8 ans)
Premiers apprentissages de lecture, besoin fort de manipulation concrète, pensée encore peu abstraite.
- Conceptions naïves sur le vivant (« les plantes ne sont pas vivantes car elles ne bougent pas »)
- Anthropomorphisme marqué : prêter des intentions et émotions humaines aux animaux
- Curiosité peu filtrée, mais capacité de généralisation abusive à partir d'un seul exemple observé
Approche ludique et naturaliste (manipulation directe, loupe, épuisette), reformulation immédiate des conceptions erronées par l'observation.
Cycle 3 (CM1-6e, 9-11 ans)
Capacité d'abstraction croissante, entrée dans le raisonnement scientifique structuré, sensibilité au regard des pairs.
- Représentations sociales déjà fortement influencées par le milieu familial et le territoire (cf. fil rouge Beauchêne : image négative héritée d'une friche industrielle)
- Sensibilité à la reconnaissance par les pairs : réticence à exprimer une peur ou une méconnaissance devant le groupe
- Premiers repères sur les grands enjeux environnementaux (climat, espèces menacées), souvent flous ou partiels
Combinaison sensorielle puis ludique avant l'apport scientifique structuré ; travail en petits groupes pour limiter l'effet de groupe sur l'expression des représentations.
Collège / lycée (12-18 ans)
Pensée abstraite installée, besoin de sens et de légitimité, sensibilité à l'actualité et aux enjeux de société.
- Désintérêt affiché en façade (« pas cool »), qui masque souvent un intérêt réel non exprimé publiquement
- Éco-anxiété parfois déjà installée face aux enjeux climatiques, à traiter avec précaution pour ne pas renforcer un sentiment d'impuissance
- Attente d'un discours non moralisateur, perçu comme plus crédible venant d'un professionnel que d'un enseignant
Approche pragmatique (action concrète, sciences participatives) et scientifique argumentée ; éviter tout discours culpabilisant.
Familles
Public volontaire et hétérogène en âge (souvent 3 générations), attentes orientées loisir, lien intergénérationnel et temps partagé.
- Nostalgie d'une « nature d'avant », parfois idéalisée par les grands-parents et relayée aux enfants
- Attente de consommation d'un loisir dominical plutôt que d'un contenu scientifique exigeant
- Écart de représentation important entre les générations présentes dans un même groupe familial
Approche modulable en autonomie (livret-jeu multi-niveaux), contenu accessible à la fois aux enfants et aux adultes sans être infantilisant.
Publics en situation de handicap
Handicap moteur, sensoriel ou cognitif nécessitant une adaptation du cheminement et des supports (loi du 11 février 2005).
- Sentiment d'exclusion anticipée vis-à-vis des espaces naturels perçus comme peu accessibles
- Sous-estimation par l'entourage de la capacité du public à s'approprier un contenu naturaliste complexe
Supports multisensoriels (tactiles, sonores), cheminements adaptés, langage clair sans simplification excessive du contenu scientifique.
Publics éloignés socialement de la nature
Personnes résidant en quartiers prioritaires, publics âgés en établissement, personnes peu familières des espaces naturels par manque d'accès ou d'habitude.
- Sentiment de non-légitimité (« la nature, ce n'est pas pour moi », « ce n'est pas fait pour les gens comme nous »)
- Perception d'un coût (temps, transport, matériel) faisant obstacle à la fréquentation
Aller-vers plutôt qu'attente du public, première expérience positive et non exigeante, valorisation des savoirs déjà détenus par le public (jardinage, cuisine, plantes utilisées en famille).
Riverains, promeneurs, usagers réguliers
Public non captif, fréquentant le site en dehors de toute animation organisée, souvent porteur d'une représentation ancienne et stable du lieu.
- Représentation enracinée de longue date, parfois hostile à une réglementation perçue comme une contrainte imposée de l'extérieur (cas fréquent avec le classement Natura 2000 auprès d'exploitants agricoles voisins)
- Sentiment de dépossession de « leur » territoire au profit d'une gestion institutionnelle
Associer ce public à la démarche plutôt que de la lui imposer (réunions publiques, sciences participatives), valoriser son expérience et sa connaissance fine du site.